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Des actifs résolument trop statiques

Selon l’Eurobaromètre sur le sport et l’activité physique réalisé en 2014 dans 32 pays, les citoyens européens passent en moyenne 5 à 6 heures par jour assis derrière leur bureau, l’équivalent de 2 mois par an. Or, toutes les études scientifiques le prouvent, rester immobile durant de longues heures  est particulièrement néfaste pour la santé. Prise de poids, voire obésité, la station assise prolongée peut engendrer de nombreux maux psychosociaux et physiques, au premier rang desquels les troubles musculo-squelettiques.

Elle constitue également un facteur aggravant de risque de diabète, d’hypertension et de mortalité prématurée par pathologies cardiovasculaires ou cancers. Le manque d’exercice physique serait même, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), le 4e facteur de risque de mortalité au niveau mondial.

De nombreuses actions sont désormais déployées afin de lutter contre ce mal insidieux, comme la création en 2015, sous l’impulsion de la Commission européenne, d’une Semaine du sport (European Week of Sport) ou encore l’adoption, en France, dans la loi sur la modernisation du système de santé de 2016, d’un amendement permettant aux médecins traitants de prescrire des activités physiques aux patients atteints d’affections de longue durée. L’OMS, quant à elle, ne cesse de multiplier ses recommandations, comme le fameux minimum requis des 10 000 pas par jour. Mais la mise en application de ces conseils se heurte, au quotidien, à un obstacle de taille : le manque de temps.

42 % des répondants à l’Eurobaromètre le considèrent comme le principal frein à la pratique d’un sport. Le temps effectif moyen de travail étant établi en Europe à 41,5 heures hebdomadaires, l’implication de l’employeur prend alors tout son sens.

 Les entreprises en première ligne

Largement encouragée par l’OMS, la promotion de l’activité physique dans les entreprises reste, dans les faits, encore très insuffisante. Actuellement 13 % seulement des Français déclarent faire du sport sur leur lieu de travail (1). Pourtant, au-delà des outils classiques (distribution de « Coupons sport », négociation de contrats collectifs à tarifs préférentiels avec les clubs de sports voisins ou, plus récemment, mise en place de programmes de coaching individuel par Internet) de nouvelles expérimentations apparaissent, dont certaines particulièrement originales.

À Pau, la branche Exploration Production du groupe Total adresse régulièrement des e-mails d’alerte pour inciter ses collaborateurs à quitter leur écran.  À Onnaing, l’usine Toyota offre aux nouveaux arrivants un programme de remise en forme de 15 jours spécialement adapté à leur poste de travail. Le constructeur automobile s’est même adjoint les services de médecins, ergonomes, éducateur sportif et masseur pour ouvrir sa propre « école du dos ».  Les Galeries Lafayette font intervenir un professeur de yoga chaque semaine et se sont engagées dans la mise en place d’un programme « Mieux vivre au travail ». D’autres sociétés choisissent d’intégrer l’activité physique au sein même de l’espace professionnel en équipant leurs collaborateurs de postes de travail assis/debout, parfois associés à des tapis de marche, ou en remplaçant les fauteuils de bureau par des ballons gonflables. Venues d’outre-Atlantique, les réunions « walk and talk », en français « réunions promenade » ou les « standing meetings », « réunions debout », comptent également de plus en plus d’adeptes.

Novatrices ou classiques, ces incitations à la pratique du sport semblent en tout cas très appréciées des collaborateurs. Selon la dernière enquête « Santé et bien-être des salariés, performance des entreprises » menée par Malakoff Médéric, 60 % des personnes interrogées aimeraient que leur employeur leur donne la possibilité de faire de l’exercice. Il y a fort à parier qu’elles finiront par être entendues. Car l’immobilité coûte cher. Première cause d’arrêts maladie en France, les troubles musculo-squelettiques génèrent à eux seuls 8 millions de jours d’arrêt de travail pour un coût annuel de 800 millions d’euros (2).  En outre, les bénéfices de l’activité physique vont bien au-delà de la seule réduction des frais de santé.

Des bénéfices multiples

Selon les chiffres révélés par PricewaterhouseCoopers la pratique régulière d’une activité physique ferait chuter l’absentéisme de 30 % (3). Une seconde enquête menée conjointement par le MEDEF et le Comité National Olympique et sportif français évalue le gain de productivité des salariés sportifs entre 6 et 9 % (4) . Plus difficilement mesurables, les bienfaits de cette pratique sur le bien-être des salariés n’en sont pas moins réels. Le sport est, en effet, un parfait exutoire au stress et un excellent moyen de renforcer la cohésion d’équipe.

Au regard de ces résultats bien tangibles, la prise en compte des enjeux de la lutte contre la sédentarité au travail devrait rapidement gagner du terrain à condition toutefois de lever certains obstacles.En effet,  une partie des salariés se montrent réticents à ce qu’ils considèrent comme une ingérence dans un domaine relevant de la vie privée. De plus, ces actions, basées sur le volontarisme, peinent encore à rallier les salariés fragiles ou fragilisés, en particulier les seniors ou les personnes souffrant déjà de problèmes de santé. La population des plus de 50 ans ne cessant de s’accroître, il appartiendra donc aux entreprises de  proposer des solutions tenant compte de ces freins physiques ou culturels.


(1)  Association Sport et citoyenneté

(2)  Cramif

(3)  PricewaterHouseCoopers

(4) Ministère canadien de la santé

Mots clés :
Prévention santé
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