« Les espaces de coworking répondent aux aspirations des nouvelles générations »

15 février 2017

 

Avec plus de 10 000 espaces de travail partagés recensés dans le monde en 2016 et près de 13 000 attendus d’ici à la fin 2017 [1], le coworking a le vent en poupe. Décryptage d’un succès mondial avec William Van den Broek, fondateur de Mutinerie et pionnier du coworking en France.

 

Comment fonctionne un espace de coworking ?

Nous accueillons des personnes de tous profils, tous métiers et tous statuts (free-lance, entrepreneurs, salariés en télétravail…) et leur proposons des formules d’abonnement sur mesure prévoyant la mise à disposition d’espaces, privé ou collectif, à titre ponctuel ou de façon plus régulière. Les espaces de coworking offrent chacun des ambiances et une culture qui leur sont propres. Les coworkers choisissent l’environnement qui leur parle le plus. C’est une question d’affinités, même si la localisation géographique compte beaucoup. La moitié de nos adhérents vivent à moins de 20 minutes de chez nous.

 

Comment expliquez-vous le succès du coworking ?

En défaisant le lien entre travail et lieu de travail, les technologies digitales ont favorisé l’émergence d’une nouvelle classe de collaborateurs plus ou moins indépendants. Le coworking a été un moyen pour ces travailleurs d’un nouveau genre de trouver un environnement adapté à l’exercice de leurs missions professionnelles. Mais tandis qu’aux États-Unis, pays d’origine du coworking, les solutions proposées sont restées majoritairement focalisées sur la notion du business, les initiatives lancées en Europe et, en particulier, en France, y ont ajouté une autre dimension qui est celle du vivre ensemble.

 

Comment cette dimension humaine se traduit-elle concrètement ?

Chez Mutinerie, notre objectif est d’offrir aux travailleurs indépendants un environnement professionnel et social stimulant en leur donnant l’opportunité de nouer des collaborations avec d’autres coworkers possédant des compétences complémentaires aux leurs. Nous accordons donc une grande importance à l’animation de la communauté. Nous organisons régulièrement des événements formels ou informels, tels que des sessions de conseil, des activités sportives ou culturelles… Nous avons également créé un organisme de formation, Mutinerie School, pour répondre aux besoins spécifiques de nos adhérents. Nous avons enfin ouvert un espace rural dans le Perche, sorte de résidence d’artiste pour les travailleurs indépendants.

 

Vous avez été parmi les premiers à ouvrir un espace de coworking à Paris, avez-vous constaté une évolution des mentalités ?

Lorsque nous avons lancé Mutinerie en 2012, la plupart des gens ignoraient jusqu’à l’existence même du mot coworking. Aujourd’hui, la question de l’espace de travail collaboratif se pose naturellement pour quiconque envisage de débuter une activité en free-lance. Un autre fait marquant tient à l’élargissement de notre clientèle puisque de nombreux entrepreneurs ou salariés nous ont rejoints. Cela s’explique par l’évolution des méthodes de travail qui, y compris au sein de l’entreprise classique, sont devenues plus flexibles, plus mobiles, moins centralisatrices. L’entreprise devient un noyau autour duquel gravitent des personnes aux profils très variés, salariés permanents, télétravailleurs, salariés en contrat court, indépendants… qui doivent apprendre à collaborer en synergie. Les espaces tels que le nôtre permettent de créer les conditions de ces synergies. Ils répondent également aux aspirations des nouvelles générations qui sont très attentives à la qualité de vie au travail, à l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, à leur liberté. Les bureaux partagés sont pour eux un moyen d’évoluer dans un environnement attractif sans sacrifier à leur autonomie ni s’enfermer dans l’isolement.

 

[1] http://www.deskmag.com/en/2016-forecast-global-coworking-survey-results

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